J’ai découvert le travail de Yayoi Kusama il y a quelques années par hasard dans la vitrine de la boutique Vuitton de Saint-Tropez (oui, je sais : cela fait très chic de mettre Vuitton et Saint Tropez dans la même phrase mais ce n’est pas l’effet voulu… 😉 ). J’avais été subjugué par ce minimalisme dans les formes et en même temps une profusion de pois blancs sur fond rouge. Impressionné tout autant par cette marque qui pouvait se permettre de ne plus mettre ses produits en vitrine mais uniquement des oeuvres, la fondation Louis Vuitton soutenant d’ailleurs l’artiste lors de différentes expositions, en particulier actuellement dans le cadre du cycle La collection de la Fondation – Le parti de la peinture.

Psychédélique, hallucinante, les oeuvres de Yayoi Kusama jouent sur la double notion de minimalisme et de maximalisme. Minimalisme de par la simplicité et la redondance des formes utilisées, maximalisme tant elles occupent l’espace au point de créer des univers abstraits dont on peine à discerner les frontières et où l’on pourrait se perdre pendant des heures.

Je la redécouvre lors de l’exposition Eldorado au Tri Postal à Lille où son oeuvre, Infinity Mirror Room, est l’une des plus impressionnantes. Elle m’a particulièrement touché car elle emprunte au concept de Palais des Mirages que j’avais découvert, enfant, au musée Grévin à Paris. Cette attraction créée pour l’exposition universelle de 1900 existe encore mais malheureusement le spectacle initial qui lui était associé a disparu et l’on traverse aujourd’hui une simple pièce sans véritable supplément d’âme. Le palais des mirages, sorte de kaléidoscope géant, n’est autre en effet qu’une pièce dont l’ensemble des murs sont recouverts de miroirs. Des colonnes sur les cotés et au centre portent des statues qui se reflètent à l’infini dans les miroirs. Cela donne une impression de gigantisme particulièrement impressionnant. Le spectacle permettait de déployer plusieurs atmosphères visuelles et sonores différentes : jungle, palais indien… (Ce sont les deux seuls dont je me souvienne.).

Cette installation m’a toujours beaucoup impressionné et recréer un palais des mirages reste l’un de mes rêves les plus chers. Cela explique tout mon intérêt pour la dernière oeuvre de Yayoi Kusama.

L’Infinity Mirror Room, palais des mirages, cette fois cubique dont seule une petite plate-forme laissée au public est vierge de miroirs, est remplie d’une myriade de leds qui s’allument et s’éteignent de manière variable donnant une impression d’univers infini, dont les repères se modifient continuellement. Inutile donc de chercher la grande Ourse ou le petit Chariot parmi les leds, ni même un trou noir ou une faille spatio-temporelle.

En raison de l’affluence et vis-à-vis des troubles que pourraient ressentir certains visiteurs face à cet infini, le public n’est autorisé à rester que 45 secondes dans la pièce, ce qui constitue pour moi une grande frustration. Je pourrais en effet y rester des heures.

S’inspirer de Yayaoi Kusama pour un atelier n’est pas difficile mais extrêmement créatif. Minimalisme et maximalisme poussés chacun à leur paroxysme peuvent permettre de belles envolées créatives et l’on songera immédiatement à faire des gommettes numériques, qui malgré leur simplicité ravissent en général les plus jeunes.

Pour en savoir plus :

Et dans la codothèque Scratch, quelques scripts à adapter, compléter, raturer :

Crédit photo : Rocor (Flickr)

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