Nous le savons tous parfaitement : la méthode de la Rache est certainement la plus connue des méthodes de travail et d’organisation et je pense qu’elle doit être appliquée dans bon nombre de familles en ce moment. Ce n’est pas par contre pas la meilleure… 😉

Rappelons aussi un autre point important: la procrastination, c’est-à-dire le fait de remettre à plus tard ce que l’on peut faire maintenant, n’est pas de la fainéantise mais beaucoup plus une stratégie d’évitement des choses qui nous angoissent. Mais comme le dit si bien le dicton, « on n’a peur que de ce que l’on ne connaît pas ».

Que peut-on donc mettre en oeuvre pour aider les enfants et adolescents à se concentrer et s’organiser ? Ci-dessous quelques notions qui, je l’espère, pourront vous aider.

Qu’est-ce qu’une tâche ?

Une tâche est bien souvent quelque chose de difficile à apprivoiser, alors imaginez un troupeau de tâches… Afin d’en venir à bout, il nous faut dater, évaluer et organiser nos tâches.

Dater car un travail pour la semaine prochaine peut attendre mais pas celui pour demain matin.

Évaluer car il y a une légère différence entre par exemple « regarder sur Youtube la vidéo présentant les institutions européennes » et « rédiger un développement construit d’un maximum de deux pages sur les débuts de l’Union européenne après la seconde guerre mondiale ». La première tâche prendra environ 1/4 d’heure, la seconde deux heures… Mieux vaut être prévenu.

En fait, le souci est que la seconde tâche recèle d’autres tâches bien plus importantes en temps que la première. Pour évaluer une tâche, il peut être important de la séquencer.

Exemple classique utilisé pour expliquer comment détailler et séquencer une tâche : comment mettre une girafe dans un frigo ?

  1. Ouvrir la porte
  2. Mettre la girafe
  3. Fermer la porte

C’est pourtant simple… 😉 À partir de ce raisonnement, vous pouvez détailler la seconde tâche en sous-tâches. Par exemple :

  • Lire le sujet
  • Définir les mots-clés
  • Faire le tableau indiquant le plan
  • Rédiger l’introduction
  • Rédiger le développement
  • Rédiger la conclusion

Je schématise un peu mais une tâche séquencée en sous-tâches effraie moins et permet de voir les différentes étapes. C’est beaucoup plus valorisant. Imaginez que nous partions pour une randonnée de 50 kms avec deux seules étapes : le départ et l’arrivée. Pas franchement motivant mais si je séquence avec le col de machintruc, le franchissement de la rivière bidule et l’escalade du pic de machinchouette, cela devient plus intéressant et facile à évaluer.

Reste maintenant à s’organiser en priorisant les différentes tâches en fonction de leur échéance et du temps nécessaire pour les réaliser. Sinon tout devient très vite urgent.

Transformer les tâches en jeu

Maintenant que l’on a la liste des tâches sous les yeux, pourquoi ne pas transformer cela en un jeu qui facilitera la motivation ?

Pour cela, il va falloir définir quelques petites choses. Soyez imaginatifs ! Puisez dans vos classiques (livres, jeux vidéos, films…) et ne manquez pas de saupoudrer d’une bonne dose de licorne. Bref, on choisit :

  • l’univers,
  • la mission principale (qui est non pas faire ses devoirs mais sauver le monde au travers des devoirs)
  • les défis (terminer telle tâche en autant de temps, réussir à apprendre telle poésie ou à en faire un peu plus que prévu…)
  • les éléments de progression (points, niveau…), c’est-à-dire comment on gagne de l’expérience comme dans n’importe quel jeu d’aventure,
  • les règles (comment on gagne, comment on perd), histoire de cadrer un peu le jeu,
  • les grandes étapes car on a besoin d’étapes pour souffler et se motiver,
  • enfin, sans déc…, les récompenses (indispensables !).

On peut aussi définir ses personnages avec ses forces et ses faiblesses afin de voir quels sont les atouts (exercices de latin : même pas peur !) et ce qu’il y a à améliorer (my Deutsch is not rich…).

Plonger dans le grand bain des tâches

Par quoi commence-t-on ? Certes il y a la liste établie précédemment avec ses priorités mais on peut y ajouter aussi un peu de hasard pour éviter de repousser les tâches les moins intéressantes sans cesse en fin de journée. Quand je sens ma motivation proche de celle d’une endive avant de passer au four, j’utilise la méthode des post-its. Je prends 5 post-its ou bouts de papier et note sur chacun d’entre eux une tâche à réaliser : 3 que j’apprécie, une qui me « gonfle » prodigieusement, une enfin que je peux considérer comme une récompense. On peut varier les proportions mais attention à ne pas alourdir la partie désagréable. Je tire ensuite un papier au hasard et go !

On n’oublie pas de s’aérer l’esprit régulièrement en mettant le nez à la fenêtre, en dévorant une ou deux pages de BDs, en faisant une (courte) partie de jeu vidéo ou non, ni de s’inspirer en parcourant les nombreuses ressources culturelles et éducatives que le net met à notre disposition.

Enfin, il convient de célébrer nos avancées : faire un gâteau pour le goûter, organiser une petite fête, initier un rituel de disparition des tâches effectuées…

Concentration : les prérequis

Le principe de base de la concentration c’est zéro distraction. Pas toujours facile à suivre mais on peut limiter les dégâts. J’essaie pour ma part de limiter la casse en déconnectant tout ce qui n’est pas nécessaire à ma tâche. Je laisse aussi à coté de moi un carnet ou une simple feuille de papier où je note des tâches, des pensées qui me viennent à l’esprit. Cela me permet de ne pas les oublier sans pour autant mettre fin à ma concentration. Je peux les gérer plus tard.

Autre élément important : soignez l’ergonomie. Quand on est mal assis, que la table où l’on travaille est encombrée, difficile d’avancer correctement. Laissez vos enfants / adolescents trouver l’emplacement où ils se sentent le mieux pour travailler mais veiller à ce que cela reste confortable. Nous n’avons cependant pas tous et toutes les mêmes exigences.

Enfin, l’atmosphère. Chacun a ses préférences. Je me souviens des révisions du bac que je faisais en écoutant de la musique bruitiste. Cela peut paraître inconcevable à ceux qui recherchent le silence à tout prix pour travailler. Pourtant le silence ne me permet pas de me concentrer, mon cerveau se mettant à tourner tout seul, faute d’être suffisamment occupé. Bref, pas question d’imposer une atmosphère standard à chacun mais il faut veiller à ce qu’elle corresponde aux besoins et qu’elle ne soit pas source de distractions.

Si vous cherchez des sons harmonieux, des ambiances particulières, vous pouvez essayer des sites comme Noisli, MyNoise, Coffitivity ou Ambient Mixer.

Traquer / analyser le temps de travail : la méthode Pomodoro

La méthode Pomodoro en référence au minuteur de cuisine en forme de tomate est une méthode permettant d’aider à la concentration et d’analyser l’efficacité du temps de travail. Je vous propose ici de l’adapter aux enfants / adolescents.

La méthode Pomodoro divise le temps de travail en unités de 25 minutes (pomodoro). Une fois un pomodoro, soit 25 minutes de travail effectuées, on s’offre une pause de 5 minutes et tous les 4 pomodoros une pause plus longue de 15 à 20 minutes. Pour les plus jeunes, on peut limiter le temps de travail à des unités de 20 minutes, correspondant plus à leur temps de concentration.

On choisit donc une tâche, on s’y attelle pendant la durée d’un pomodoro. On s’arrête pour une courte pause et on reprend ensuite la tâche si celle-ci n’est pas terminée. Sinon on en choisit une autre. Normalement toute interruption d’un pomodoro pour une autre tâche que celle choisie au départ est considérée comme un retour à la case départ et donc le début d’un nouveau pomodoro, une fois l’interruption terminée. C’est un peu dur à tenir avec des enfants / adolescents mais on limitera au maximum le nombre d’interruptions.

Le minuteur de cuisine (ou tout autre minuteur) est là pour vous rappeler le temps de travail à effectuer.

Tout l’intérêt de la méthode Pomodoro est surtout dans l’analyse ensuite du temps nécessaire pour réaliser les tâches et voir ainsi où des difficultés se sont fait ressentir. La méthode permet aussi de donner un cadre facile à maîtriser au temps imparti pour le travail, un caractère ludique avec le minuteur et met l’accent sur les interruptions qui risquent de nous faire perdre nos objectifs et ruiner notre gamification.

Il existe des applications dédiées à la méthode Pomodoro mais ce n’est pas forcément nécessaire avec les enfants. Mieux vaut ne pas ajouter de stress à celui déjà existant pour les devoirs. Autant le faire de façon minimale et en version papier mais, si la curiosité vous y pousse, vous pouvez jeter un oeil à Pomodoro Tracker ou Pomofocus.

Que la force de la tomate soit avec vous !

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